Dans les plaines agricoles du Pas de Calais, lorsque les épis de blé commencent à jaunir sous le soleil du début d’été, une course contre la montre s’organise discrètement entre les champs. Pour les bénévoles de la LPO, l’objectif est simple mais essentiel : repérer les nids de busards avant le passage des moissonneuses. Derrière cette mission de protection de la biodiversité se trouve des passionnés de nature qui sillonnent les campagnes à la recherche de ces oiseaux fragiles. Chaque année, dès le printemps, les busards choisissent les grandes cultures céréalières pour y installer leurs nids. Blé, orge ou colza deviennent alors de véritables refuges pour ces rapaces discrets qui nichent directement au sol. Mais cette particularité représente aussi un danger important. Les périodes de récolte coïncident souvent avec la présence des jeunes oiseaux encore incapables de voler. Sans intervention, les nids risquent d’être détruits lors du passage des machines agricoles. Pour éviter ces drames silencieux, certains passionnés consacrent une grande partie de leur temps libre à localiser les nids. Jumelles autour du cou et regard attentif tourné vers le ciel, ils observent les allées et venues des oiseaux afin d’identifier les zones de nidification. Une mission qui demande patience, expérience et connaissance du comportement animal.
« Il faut parfois plusieurs heures d’observation pour repérer précisément un nid », explique ces défenseurs de la faune sauvage. « Les busards sont très discrets. On observe leurs déplacements, leur manière de plonger dans les cultures ou de rapporter de la nourriture. Chaque détail compte. » Une fois les nids localisés, un travail de coopération débute avec les agriculteurs. Dans la majorité des cas, les exploitants acceptent volontiers de préserver quelques mètres carrés autour du nid afin de permettre aux jeunes oiseaux de terminer leur développement en sécurité. Des protections peuvent également être installées pour éviter les attaques de prédateurs. Cette collaboration entre passionnés de nature et monde agricole permet chaque année de sauver de nombreux oisillons. Un engagement discret mais précieux pour la préservation d’espèces protégées dont les effectifs restent fragiles en France.
Le busard cendré et le busard Saint Martin font partie des oiseaux emblématiques des plaines agricoles. Leur silhouette élégante et leur vol rasant au dessus des champs fascinent les observateurs de nature. Pourtant, ces rapaces subissent depuis plusieurs décennies les conséquences des changements agricoles et de la disparition progressive de certains habitats naturels. Pour ces passionnés, la protection des nids représente bien plus qu’une simple activité de terrain. « Quand on voit les jeunes s’envoler après plusieurs semaines de surveillance, c’est une immense satisfaction. On se dit que tous ces efforts servent réellement à quelque chose. » Durant toute la saison estivale, les observations se poursuivent presque quotidiennement. Lever tôt, longues heures dans les chemins agricoles et vigilance constante rythment cette mission souvent méconnue du grand public. Une démarche bénévole qui illustre l’importance de l’engagement local en faveur de la biodiversité. Alors que les moissons approchent, chaque nid repéré devient une victoire pour ces oiseaux menacés. Grâce à la mobilisation de passionnés et à la coopération des agriculteurs, les busards peuvent continuer à survoler les campagnes et à trouver leur place au cœur des paysages agricoles. Deux contacts chez nous si vous en repérez , Arnould Daniel au 06 13 73 86 20. Documentation sur ces oiseaux sur le site de la LPO : Les busards – LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) – Agir pour la biodiversité









