Protégeons les busards de la moisson estivale !
Dans les plaines agricoles du Pas de Calais, lorsque les épis de blé commencent à jaunir sous le soleil du début d’été, une course contre la montre s’organise discrètement entre les champs. Pour les bénévoles de la LPO, l’objectif est simple mais essentiel : repérer les nids de busards avant le passage des moissonneuses. Derrière cette mission de protection de la biodiversité se trouve des passionnés de nature qui sillonnent les campagnes à la recherche de ces oiseaux fragiles. Chaque année, dès le printemps, les busards choisissent les grandes cultures céréalières pour y installer leurs nids. Blé, orge ou colza deviennent alors de véritables refuges pour ces rapaces discrets qui nichent directement au sol. Mais cette particularité représente aussi un danger important. Les périodes de récolte coïncident souvent avec la présence des jeunes oiseaux encore incapables de voler. Sans intervention, les nids risquent d’être détruits lors du passage des machines agricoles. Pour éviter ces drames silencieux, certains passionnés consacrent une grande partie de leur temps libre à localiser les nids. Jumelles autour du cou et regard attentif tourné vers le ciel, ils observent les allées et venues des oiseaux afin d’identifier les zones de nidification. Une mission qui demande patience, expérience et connaissance du comportement animal.
« Il faut parfois plusieurs heures d’observation pour repérer précisément un nid », explique ces défenseurs de la faune sauvage. « Les busards sont très discrets. On observe leurs déplacements, leur manière de plonger dans les cultures ou de rapporter de la nourriture. Chaque détail compte. » Une fois les nids localisés, un travail de coopération débute avec les agriculteurs. Dans la majorité des cas, les exploitants acceptent volontiers de préserver quelques mètres carrés autour du nid afin de permettre aux jeunes oiseaux de terminer leur développement en sécurité. Des protections peuvent également être installées pour éviter les attaques de prédateurs. Cette collaboration entre passionnés de nature et monde agricole permet chaque année de sauver de nombreux oisillons. Un engagement discret mais précieux pour la préservation d’espèces protégées dont les effectifs restent fragiles en France.



